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L'histoire de Benzema, une réussite râtée
L'histoire de Benzema, une réussite râtée
2019-12-18
Statistiquement, en terme de trophées, la carrière de Benzema aura été brillante. Et pourtant, on ne peut pas s'empêcher de penser que ça aurait du être mieux.
"Quand il sera installé dans l’équipe il sera difficile à déloger, je vous préviens". Ces mots sont ceux de Bernard Lacombe, après les débuts de Karim Benzema avec l’équipe professionnelle de l’OL en 2005. Avec le recul, impossible de lui donner tort. Au Real comme à l’OL, Benzema aura été indéboulonnable. Ils sont nombreux à avoir tenté leur chance, et pas des moindres. On pourrait citer Emmanuel Adebayor, Gonzalo Higuain, Chicharito Hernandez, Alvaro Morata, Luka Jovic plus récemment... Tous ont essayé, aucun n’a réussi.

Benzema c’est 55 buts en 131 matchs à Lyon, 238 buts en 486 matchs au Real, Le troisième meilleur buteur de l’histoire du club. Quatre C1, Quatre titres de champion de France, deux titres de champion d’Espagne, une coupe d’Espagne et une coupe de France. On ne compte mêmes pas les trophées des champions ou les supercoupe d’Espagne, d’Europe ou du monde. Bref, un palmarès long comme le bras, une place de titulaire partout où il est passé. Parler de Benzema, c’est bel et bien parler d’une légende du football.

Et pourtant… Et pourtant on ne peut pas s’empêcher de penser que Benzema est passé à côté d’une partie de sa carrière.

En équipe de France d’abord, ou il n’a jamais su prendre la place de patron que son talent commandait. Arrivé chez les bleus en 2007, après le départ à la retraite de Zidane, il était annoncé comme le futur taulier de l’équipe. Il y avait eu la génération Zidane, il y aurait désormais la génération Benzema. Il n’en fut rien.

La génération Benzema restera la génération scandale


L’aventure de Benzema avec les Bleu peut se suivre autant dans la presse à scandale que dans les journaux sportifs. L’affaire Zahia, pour commencer, au printemps 2010. La funeste grève de Knysna ensuite. Il ne fait pas parti des mutins mais, peut-être victime d’un délit de sale gueule, il reste associé à cet épisode malgré lui. La sextape de Valbuena enfin. La justice dira si Benzema est reconnu coupable ou non, en attendant cette affaire sonnera le glas de sa carrière en Bleu. Bien qu’encore officiellement sélectionnable, il ne sera plus jamais appelé par Didier Deschamps. La logique de groupe, si cher au sélectionneur, rend le retour de Benzema difficile. Au vu des résultats de l’équipe de France depuis, on ne peut que lui donner raison.

Au final, Benzema en Bleu, c’est 81 sélections pour 21 buts. Mais le franco-algérien aura surtout eu le malheur d’être présent en équipe de France au court de ses moment les plus sordide, quel qu’en fut sa responsabilité. La génération Benzema restera la génération scandale. La faute à Benzema ou pas.

Au Real, l’échec est plus relatif. Le terme d’échec est même largement abusif. Sa principale faute aura été d’être arrivé au Real la même année qu’un certain Cristiano Ronaldo. Contrairement à d’autres joueurs, à l’ego sans doute plus boursouflé, et qui n’ont pas su s’effacer devant un talent unique (Neymar et Ibrahimovic avec Messi) Benzema a fait le choix de jouer les seconds couteaux pour garnir son armoire à trophées.

Le Scottie Pippen de Michael Jordan


Qu’on ne s’y trompe pas, il fallait aussi du talent pour ça. Kaka, Bale, James Rodriguez pour ne citer qu’eux en auront été incapable. Son jeu s’y prêtait. Travailleur, altruiste, créateur, Benzema décroche beaucoup pour participer au jeu, pour faire jouer ses coéquipiers, et par là même, libère les espaces devant. Espaces que le quintuple ballon d’or a su dévorer pour devenir le monstre statistique que l’on connait. Mais justement, on est en droit de se demander si Ronaldo aurait été Ronaldo sans Benzema. Et c’est peut-être là le drame de sa carrière au Real, il n’aura été que celui qui aura fait briller Cristiano Ronaldo. Le Scottie Pippen de Michael Jordan. A une époque ou les statistiques sont reines, celles de Benzema resteront honnêtes mais on attendait plus d’un joueur d’un tel talent. On se souviendra du Real des années 2010 comme celui de Ronaldo, Benzema n’aura eu qu’un second rôle.

L’heure de Benzema est arrivée


Depuis l’an dernier, les choses changent. Le portugais est parti à la Juve et, privé de son icone, le Real se cherche de nouveaux leaders. La saison 2018 – 2019 aura été un échec, une saison de transition, si tant-est qu’une telle chose puisse exister au Real de Madrid. Mais avec le retour de Zidane à la tête de l’équipe et après une période de rodage, l’ambition semble être de retour. Les résultats aussi. Et Benzema cette fois, en est le principal responsable sur le terrain. Hazard recherche encore sa meilleure forme, Bale est définitivement grillé dans la capitale espagnole, alors Benzema a pris les clefs du camion. Flanqué de deux gamins brésiliens à ses côtés, il a ramené le Real à sa place légitime. Les merengues regardent à nouveau le Barca dans les yeux. En ligue des champions, Madrid fait peur à nouveau. Ce n’est pas le PSG qui dira le contraire après le bouillon qu’ils ont bu pendant 90 minutes à Bernabeu. Il faudrait être courageux aujourd’hui pour affirmer que Zidane ne gagnera pas sa quatrième ligue des champions consécutive.

Cette fois Benzema à le premier rôle. Si le Real réalise une grande saison, ça sera sa saison. A l’inverse, si les madrilène échouent, ça sera son échec. Cette fois l’heure de Benzema est arrivée. Cette année dira si l’histoire retiendra de lui qu’il aura été le meilleur second rôle de l’histoire ou la star d’une grande équipe, au moins pour une saison.
La Redac
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