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Ennuyeuse la ligue 1 ? Vraiment
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Ennuyeuse la ligue 1 ? Vraiment
2019-12-02
A force de se l'entendre dire, on est allé vérifier. La ligue 1 est-elle si faible que ça ?
Toutes les statistiques présenté dans cette article sont issues du site understat.com.

Ennuyeuse la ligue 1 ? Vraiment ?

Ecoutez Pierre Ménès, Daniel Riolo, ou autres consultants et exégètes du championnat de France. En ligue 1, tous les week-ends, on s’em***de. A force de se l’entendre dire à longueurs de saison, on va finir par y croire. Alors ici, chez les footix, on a voulu savoir ce qu’il en était vraiment et on a passé la Ligue 1 au filtre des statistiques. On l’a comparée à ses voisins européens – Italie, Allemagne, Espagne et Angleterre. Pour l’exercice, on a étudié les stats sur les trois dernières saisons écoulées.



Les Buts par matchs

Première statistique appelée à comparaitre pour tenter de défendre la ligue 1 : Les buts par matchs.

Bon, on s’en doutait, la France n’est pas vraiment le championnat le plus prolifique d’Europe. Avec 2,63 buts par matchs, la France est loin des autres membres du big 5 (si si, en Angleterre, on parle bien de big 5 européen en incluant la France. Comme quoi…) où, en moyenne, sur ces trois dernières années, on marque 2,81 buts par matchs. Pour se faire une idée, une différence de 0,18 buts par match, sur une saison ça fait près de 68 buts. C’est à peu près le nombre de buts marqué par Lille la saison dernière.

Une autre façon de voir cette stat ? En France, 27% des matchs se terminent avec un but marqué ou moins (donc un score de 0-0 ou 1-0). Moyenne des autres championnats ? 23,3%. Ce qui fait en gros 14 matchs de différence. Quasiment une journée et demi de championnat.

Pour être parfaitement honnête, il faut avouer qu’en Allemagne on marque tellement que ça fausse un peu les moyennes. On se la refait donc, sans l’Allemagne.

Buts par matchs : 2,76 contre 2,63 – soit 53 buts. Stat amusante, c’est le total de but marqué par le 6e du championnat de France ces trois dernières années (Montpellier et Bordeaux deux fois)

Matchs avec un but ou moins : 24,5% contre 27% soit 9,5 matchs.

Rien à faire, en France, on marque peu, Allemagne ou pas Allemagne.



Les xG

Bon, les buts par matchs sont à charge pour la Ligue 1 mais, tout le monde le sait, les 0-0, c’est comme les chasseurs. Y en a des bons et y en a des mauvais. Alors quand on a préparé la défense de l’accusé Ligue 1 on s’est dit, peut-être, que ces tristes résultats étaient dues à des attaquants malchanceux voir à gardiens de haut niveau. Matz Sels, Keylor Navas, Anthony Lopes, Benjamin Leconte… C’est loin d’être des manchots et c’est peut-être eux, les responsables. Alors on est allé regarder les xG (ou expected goals), statistique barbare et obscure, fort bien expliquée par nos amis des cahier du foot ici.

Résultats ? En France : 2,55 par matchs. Ailleurs : 2,73. Rapporté sur une saison ça fait une différence de 68 xG. Les stats sont têtues.

Tant qu’on est sur les xG et parce qu’il faut bien trouver du positif dans toutes ces preuves à charges, on peut regarder la différence entre les xG et les buts effectifs. Les attaquants de Ligue 1 ont marqué en moyenne 29 buts de plus qu’attendu par saison contre 28,7 en moyenne dans les autres grands championnats. En France on a des attaquants efficaces. On ne l’avait pas vu venir celle-là.



Et sans les gros ?

Dieu merci, ce qui sauve la Ligue 1, c’est sa densité. Toutes les équipes sont proches et tout le monde peut battre tout le monde. Il y a du suspense à tous les étages et personne n’est lésé en termes de spectacle. Enfin c’est ce qu’on pensait. Alors on a regardé les mêmes statistiques sans tenir compte des trois plus gros budget de chaque championnat. Ce qui donne :

Pour la Ligue 1 : Paris, Lyon, Monaco.

Pour la Premier League : City, Liverpool, MU.

Pour la Bundesliga : Bayern, Dortmund, Leipzig.

Pour la Serie A : Juventus, Inter, Napoli.

Pour la Liga : Real Madrid, Barcelone, Atletico.

Résultat des courses, 2,31 buts par matchs en France contre de 2,59 ailleurs (2,50 sans l’Allemagne) pour un total ahurissant de 106 buts de différence par saisons (72 sans l’Allemagne). En France, on baisse de 0,32, ailleurs en Europe, 0,22. La différence entre les grosses écuries et les petites est encore plus importante en france qu'ailleurs. Effet PSG sans doute.

Côté xG ? 2,31 contre 2,56. Au moins, la différence entre xG et buts marqués passe à -4,5 sur la saison en France contre +10,1 ailleurs. C’est-à-dire que des occasions, il y en a, il faut juste que les attaquants les mettent au fond. Une autre façon de dire qu’entre petits budget, il y a plus de « bon » 0-0 (mais aussi plus de pieds carrés). On se console comme on peut.



Alors c’est quoi le problème ?

Ok, maintenant on ne peut plus le nier, il y a quelque chose de pourri au royaume de la Ligue 1. Forcément, avec des attaquant aussi efficaces, s’il y a aussi peu de buts, c’est que la plupart des équipes sont frileuses tactiquement. Donc on a cherché, on a creusé et on s’est demandé pourquoi si peu d’occasions ?

En termes de passes réussies dans les 30 dernier mètres, la France est bonne dernière. Et d’assez loin. 187 passes par équipe et par saison pour une moyenne européenne à 234. C’est à ce moment que les quelques derniers défenseurs de la Ligue 1 s’élèvent pour signaler que, peu de passes dans les trente derniers mètres, c’est peut-être simplement révélateur d’un pressing de fou furieux, d’un ballon qui change de camps à tout va et d’un match au rythme effréné.

La remarque est juste mais on voit bien que ces apparatchiks de la LFP ne regardent pas souvent les matchs. Et pour confirmer l’impression visuelle par une stat – comme ça on aura rongé uderstat.com jusqu’à la corde – on dégaine le PPDA, pass allowed per defensive action - encore une statistique barbare qui mesure le nombre de passe qu’une équipe laisse à son adversaire avant que le pressing ne porte ses fruits donc que le ballon ne soit intercepté ou taclé -. Et là surprise, la Ligue 1 ne s’en tire pas si mal. 10,43 passes pour une moyenne européenne de… 10,43. Le pressing en Ligue 1 est donc tout aussi efficace que celui de nos concurrents européens.

L’argument des portes flingues de Nathalie Boy de la Tour ne tient plus. En ligue 1 on presse pareil, mais on arrive moins souvent dans les trente derniers mètres. Qu’est-ce que ça veut dire en résumé ? Que les temps de préparation des actions en France sont plus importants. Que le ballon circule plus au milieu de terrain et en défense, que le jeu est moins direct, plus lent.

Bref, on s’em***de et ça nous fait mal de le dire mais Riolo et Ménès avaient raison.



La Redac
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