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La VAR, on en pense quoi ?
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La VAR, on en pense quoi ?
2019-12-07
La VAR, c'est un peu comme Sergio Ramos, tout le monde adore la détester. On a essayer de comprendre pourquoi.
On avait ouvert notre top 10 des surprises de la saison dessus, un peu exprès, on savait que ça faisait causer.

Utilisée en France depuis le début de la saison dernière, la VAR est toujours très loin de faire l’unanimité. Platini se l’est encore payée le mois dernier et Ceferin aimerait qu’on clarifie son utilisation.

Comme on n’est jamais avare d’une polémique exploitable pour faire du click, on rouvre le débat.

Déjà ça marche comment ?


Bon, là on va être un peu scolaire et paraphraser tout ce que dit la LFP. Si vous êtes déjà expert en VAR ou si ça vous gonfle, vous pouvez sauter au titre suivant. Nous perso, ça nous gonfle déjà, rien qu’à l’idée de l’écrire.

En Ligue 1, la VAR ne peut être utilisée que dans quatre cas de figure :

- Après un but marqué (validé ou non) ;

- Sur une situation de pénalty sifflé ou non ;

- Sur carton rouge direct ;

- Sur une erreur d’identité du joueur sanctionné disciplinairement.

En dehors de ces situation, inutile de se regrouper autour de l’arbitre en faisant des carrés avec les doigts, déjà parce que c’est passible d’un carton jaune, et ensuite parce que la VAR n’est pas habilitée à intervenir ailleurs. Ok, toute faute peut potentiellement être passible d’un rouge direct si l’arbitre est un peu mal luné mais c’est un autre problème.

En termes de dispositif, dans le bus on trouve au minimum deux arbitres assistant. Le premier qui visionne tous les faits de jeu qui tombent sous la juridiction de la VAR, l’autre qui regarde le match se dérouler et informe l’arbitre de terrain en cas de besoin.

Pour la totalité des faits de jeu concernés par la VAR, et on dit bien la totalité, c’est-à-dire que même pour les Mawashi-Geri en plein visage façon Thomas Müller, le protocole se divise en trois partis.

La première, la seule à être obligatoire. Le premier arbitre assistant (celui qui regarde les faits de jeu), analyse l’action.

Le second arbitre assistant (celui qui regarde le match si vous avez bien suivi) peut, on insiste sur le peut (et non pas doit) alors signaler un fait de jeu nécessitant de retarder la reprise du match, donc une action litigieuse. C’est la deuxième étape du protocole. C’est là que l’arbitre met le doigt sur l’oreillette pour signaler qu’il discute avec le bus.

A ce moment, deux solutions. Soit l’erreur est évidente et non sujette à interprétation. Alors la décision est prise par les assistants et le jeu reprend. Fin du protocole VAR. Ce cas de figure ne peut néanmoins porter que sur trois actions :

- Hors-jeu simple.

- Franchissement de ligne (but, sortie de ballon…).

- Situation de pénalty uniquement pour l’endroit où la faute a été commise.

Dans tous les autres cas, l’arbitre assistant envoi les images à l’arbitre de terrain qui les visionne et prend sa décision. C’est la troisième étape du protocole. Pour être parfaitement complet, cette étape à lieu en cas de :

- Situation de pénalty

- Situation de carton rouge direct

- Toutes les situations à interprétation ou incidents non perçus.

Un arbitrage (Vidéo) à deux vitesses ?


Sur l’ensemble de la saison ça se compense de toute manière, à prononcer avec la voix de Rolland Courbis après une nième décision arbitrale litigieuse en sa faveur…

Si c’est pas Ronaldo, il prend un rouge là, à prononcer avec la voix de Christian Jeanpierre après avoir coché la case dans le bingo Christian Jeanpierre (à consommer avec modération).

L’arbitrage à la main, c’était toujours injuste. Les grosses équipes étaient favorisés, les grand joueurs protégés, tout le monde le sait.

Avec la VAR, ça donne quoi ? Après 12 journée de championnat, le très officieux classement de la VAR (compulsé par l’équipe au 5 novembre donnait ça :



Et en détail



Conclusion ? Monaco dérange en ligue 1, tout le monde le sait. La LFP veut sa peau (écrire un article sur l’arbitrage, c’est se vautrer dans la paranoïa, on en est pratiquement contractuellement obligés).

Plus sérieusement, pas de favoritisme pro gros du championnat. Encore heureux.

Et sinon ça donne quoi en terme de résultat ?


Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage et donc parfaitement objectif et de bonne foi sur le sujet donnait ces chiffres mardi 12 novembre :

"Après les 12 premières journées de la saison de Ligue 1 Conforama en cours, 343 situations ont été analysées grâce à la VAR. Et un total de 36 décisions clairement erronées ont été relevées. L'assistance vidéo à l'arbitrage a permis de corriger 25 erreurs claires, soit 70%."

Ça fait rêver. La VAR c’est déjà un succès.

Evidement, rien n’est si simple. Il parle des erreurs claires. Ceferin, lors de sa demande de clarification, avançait un exemple assez intéressant. En cas de hors-jeu, une ligne est tracée à l’écran pour matérialiser le dernier défenseur et aider l’arbitre à prendre sa décision. Ce qu’il faut savoir, c’est que cette ligne est tracée par les arbitres dans le bus. Juge et parti ? oui complètement.

Pour ce qui est des mains dans la surface, la règle n’ayant toujours été comprise par personne, la vidéo ne change pas grand-chose à l’affaire. Dans ces cas limite, la VAR ne fait que rajouter une polémique VAR (oui mais ça fait perdre du temps, on tue l’émotion, c’est un football à deux vitesse… vous connaissez les arguments par cœur) à la polémique sur le fait de jeu. Ça fait un beau sujet de discussion pour les talk-shows du dimanche soir, les anciens présidents de l’UEFA en manque d’attention médiatique et elle en sort rarement grandi.

Alors au final, on en pense quoi ?


Difficile à dire. Nous au footix, on l’a déjà dit dans d’autres articles, on est plutôt pour. On reconnait que c’est une position plus dogmatique que réfléchie. Malgré tout on se dit que ça aurait évité des soirs de "fuc**ng disgrace" à Didier Drogba, la main de dieu n’aurait jamais existé, Schumacher aurait sans doute été exclu et la France aurait peut-être été championne du monde en 82. Ça nous en aurait fait des souvenirs et des débats de comptoir en moins. Mais comme l’a dit Aulas, On a alors transformé le football en un jeu de hasard, et au regard des investissements économiques et sportifs qu’il provoque, ce n’est pas acceptable. Alors oui à la VAR, oui au foot vu comme un investissement, mort aux aléa du sport.

Je crois qu’on vient de changer d’avis sur la VAR en écrivant notre conclusion.

La Redac
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