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Une analyse de l'incroyable match de Zidane contre le brésil en 2006
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Une analyse de l'incroyable match de Zidane contre le brésil en 2006
2019-12-01
En quart de finale de la coupe du monde 2006, Zidane réalisait l'une des plus grosses performances individuelle de l'histoire du football.

Cette article est une traduction d'un article de Rob Conlon paru sur le site planetfootball.com


Il l'avait annoncée. Cette compétition serait sa dernière. Une fois la coupe du monde terminée, il raccrochait les crampons pour de bon. Tout le monde se souvient de la fin et de ce funeste coup de boule mais dans la mémoire des français, Zidane restera avant tout célébré pour ses but en 98 contre le Brésil et pour ce match, huit ans plus tard contre ce même Brésil ou il sorti une des plus grosses performances individuelles de l’histoire du sport.

Zidane sortait de deux saisons mitigées avec le Real. Son talent et son aura se diluant à mesure que son âge avançait. Au sortir des poules et après deux matchs quelconques, au mieux, (il ne participa pas à l’unique victoire des bleus contre le Togo pour cause de suspension), des voix s’élevant même pour remettre en cause sa place de titulaire au profit de l’association Henry – Trezeguet. Crime de lèse majesté s'il en est.

Au panthéon des poncifs du football, la forme est temporaire, la classe est éternelle, occupe une place de choix. Il ne fut pourtant jamais aussi bien illustré que lors de cette coupe du monde. Après un match convaincant, et un but, en huitième de finale face aux espagnols, Zidane, 34 ans à l’époque, en paru dix de moins contre le Brésil en quart. Se rappelant à ses plus belles années turinoises et madrilènes, pour ce qui était la première rencontre en coupe du monde entre les deux équipes depuis 98, où ses deux coups de boule, déjà, avaient propulsé la France sur le toit du monde.

"Zinedine Zidane fut le premier français à quitter la pelouse, mais l’immensité de sa performance restera gravée dans les mémoires de ceux qui y ont assistée" écrivait Dominic Fifield pour le Guardian à l’époque.

Le joueur lui-même se confiant plus tard sur FIFA.com : "il y avait de la magie dans l’air ce soir-là sur le terrain."

Retour en arrière sur ce match et cette prestation de légende…

L'introduction




A match de légende, levée de rideau de légende. Zidane et Ronaldo, deux des plus grands joueurs de la décennie écoulée, s’affronte lors d’un dernier duel au crépuscule de leur carrière.

Sont-ils nerveux ? Tristes ? Submergés par l’évènement ? Émus ? Non, ils sont excités, comme des gamins effrontés sur le point de faire une bêtise.

Zidane, d’ordinaire concentré, le regard noir, incapable de retenir cette grimace. Et en face, Ronaldo souriant également et dévoilant ses désormais célèbres dents du bonheur. L’un comme l’autre déterminés à profiter de leur dernière danse.

C’est peut-être l’un des plus beaux moments de l’histoire du foot.

L'avertissement




Trente-cinq secondes. C’est tout ce qu’il aura fallu à Zizou pour se jouer de ses vis à vis.

Un rateau et Ze Roberto et Kaka en sont cloué sur place. Un passement de jambes et Gilberto Silva, sur les talons, est effacé. La passe qui suit est trop appuyée mais il n’aura fallu que trente-cinq secondes à Zidane pour battre la totalité du milieu auriverde.

Sans doute, à ce moment, comprirent-ils qu’ils serait compliqué de se hisser au niveau de sa majesté Zidane ce soir.



Les choses simples




"Le football est simple et compliqué à la fois" écrivait Marcel Desailly dans un billet au Guardian pendant le tournoi, et son ancien partenaire illustrait parfaitement cette idée.

Pour toutes les arabesques, les reprises de volées victorieuses en finale de Ligue des Champions et sa personnalité complexe, on en oublie souvent que Zidane savait réaliser les gestes simples du football comme personne.

Kaka est éliminé avec une facilité déconcertante, deux jongles, une passe en retrait pour trouver un de ses défenseurs et les Bleus peuvent repartir à l’attaque. Comme l’écrivait Clive Tyldesley : "il y a le Zidane mystique et le Zidane Magique"

Le marionnettiste




Avoir pu voir jouer un Zidane au top restera une expérience unique dans le football. Quelque part entre Cristiano Ronaldo et Dimitar Berbatov, tout en grâce et nonchalance malgré une puissance physique hors norme.

La mi-temps approche et Zidane contrôle complètement le match, tel un marionnettiste décidant où et quand iront les vingt-et-un autres acteurs de la partie

Laissant deux brésiliens au sol, il en attire un troisième avant de servir un Patrick Vieira lancé à toute allure et qui n’a pas à ralentir sa course un instant pour recevoir le ballon exactement dans les pieds.

La défense maintenant écartelée, Juan n’a plus d’autre options que de découper le milieu français. Il aura suffi d’un joueur pour semer la panique dans toute la défense brésilienne.

La cour d'école




Les gamins effrontés se croisent enfin sur le terrain, et, sans surprise, c’est Zidane qui, d’un sombrero, prend littéralement le dessus sur son camarade alors que la foule chante à chacune de ses touches de balle.

Est-ce à ce moment-là que ces heureux petits sal***ards se sont rendus compte qu’ils avaient l’honneur d’assister à une prestation de légende ?

La passe dé’




Le regard est de nouveau noir lorsque Zidane s’approche pour frapper un coup-franc excentré à gauche.

Alors que la balle est envoyée dans la surface, les défenseurs brésiliens sont tous attirés au premier poteau, pendant que Roberto Carlos, lui, est distrait par ses propres chaussettes.

Mais le service n’en est pas moins parfait. Regardez simplement d’où Henry place sa volée. Dida n’a pas la moindre chance.

Des 51 buts qu’Henry marquera pour l’équipe de France, celle-ci restera, assez incroyablement, le seul provenant d’une passe de Zidane.

Le chef d'orchestre




Seul un homme au somment de son art peut trouver le temps de se retourner calmement au milieu du terrain en quart de finale de coupe du monde contre le champion en titre.

Ce qui précède est tout aussi impressionnant. Zidane semble voler le terrain, la balle ne s’éloignant jamais de plus de deux passes avant de revenir dans les pieds de son maitre. Il décroche, dézone à gauche et revient dans l’axe.

Entre temps, le milieu brésilien s’est perdu. Beaucoup restent immobiles à le regarder faire, comme s’ils pénétraient la Matrice pour la toute première fois.

Il reste environ vingt-cinq minutes à jouer mais c’est la nuit de Zidane. Le chef imposant à l’orchestre sa propre symphonie.

Le dernier acte




Comment arrêter un homme chaussé d’or ? Est-ce seulement possible ?

Pendant la coupe du monde, Domenech déclarait "je pense qu’il joue ainsi précisément car il prend sa retraite. Il peut s’exprimer librement parce qu’il sait que chaque match pourrait être son dernier"

Zidane est de retour en mode cours d’école, apprenant aux brésiliens à jouer au foot avec un style et une arrogance dont eux seuls se pensaient capable. Ce match ne s’avéra pas être le dernier de Zidane, mais c’était son match dans tous les sens du terme.

La Redac
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